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Baresiateamjura

La pêche du sandre en verticale : l'école de la patience et de la concentration.

29 Mai 2014, 15:04pm

Publié par Arno39

18012012 5

Originaire des Pays-Bas , la verticale n’est pas toujours une pêche à l’aplomb du bateau en raison du vent, du courant et des changements de direction de l’embarcation. L'angle selon lequel le leurre est présenté varie donc grandement. On optera pour un angle plus ouvert pour «  battre » du terrain et d'un angle plus fermé ( une pêche sous le bateau en quelque sorte ) pour une approche plus lente et précise des postes.

Premier dilemme : avancer vite pour multiplier les chances de «  croiser » les poissons ou insister sur des zones plus restreintes et décider les poissons les plus récalcitrants. Personnellement selon les touches enregistrées ou non selon l'une ou l'autre des 2 approches, j'adapte la suite de la journée en fonction...

La première conséquence de cette approche est le choix de la forme et du grammage du leurre .

On pourra opter plus pour une TP qui fend l'eau pour battre du terrain et une TP type « plomb sabot » lorsque l'on peigne le poste plus lentement. Des TP planantes sont souvent intéressantes pour une tenue plus horizontale du leurre à la descente.

1 gramme puis 2 grammes par mètre d'eau après 10m en général avec des variations selon le vent, les courants, la profondeur et la vitesse de la dérive.Encore une fois, à adapter.

Pour le leurre en question : on va chercher les vibrations du jour les plus efficaces : shad à grosse caudale, plus petite et vibration plus serrée, V-tail, virgule ou absence d'appendice au contraire sur certains finess.

Question couleurs, j'ai de plus en plus un faible pour les couleurs naturelles, trop souvent délaissées jusque là notamment par eau claire. Des couleurs plus vives/flashi par eau teintée. La règle « eau foncée/leurre foncé et eau claire/leurre translucide/naturel » n'en est pas toujours une, avec de nombreuses prises n'ayant pas répondu à ces schémas traditionnels de contrastes. Enfin la taille des leurres sera à varier jusqu'à trouver le menu du jour.


En verticale, c'est la conduite du bateau qui reste le paramètre le plus dur à maîtriser et l’animation du leurre n’arrive qu’en second lieu .

Animation minimaliste la plupart du temps pour cette technique. L’un des secrets semble là : à la verticale il vaut mieux animer moins que trop. Le leurre est dirigé au ras du fond, bout du scion au ras de l’eau.

La concentration est également un facteur influençant directement le succès de la session car le leurre est tout simplement soutenu, entre 5 et 25 cm selon les jours. De temps en temps, les sandres ramassent même le bout de plastique quand il est posé sur le fond. Un ferrage soutenu et instantané sera une des clés de la réussite avant de laisser le temps au sandre notamment, de recracher le leurre.

Parfois le fait de le maintenir décollé de quelques centimètres du fond suffit à provoquer la touche lorsque les poissons sont apathiques . D’autres verticaliers optent pour un petit jigging qui a fait aussi ses preuves, même par eau froide. Vous n’avez qu’à demander à Nico et Eric qui maîtrisent parfaitement cette dernière animation en verticale, souvenir de Vouglans l'année dernière, où les cocos violentaient le leurre souple en plein mois de décembre. Ce jour ils ont fait un récital sur les sandres normalement apathiques à cette époque. Des poissons actifs se laisseront charmer par cette méthode même si,elle est plus particulièrement destinée aux périodes « off » de la journée.

La verticale n’est pas la technique exclusive de la pêche au sandre car elle est tout aussi efficace sur perche ou le brochet même à faible profondeur et à toutes saisons…

Un autre atout est de pouvoir rester figé les yeux sur l’échosondeur, ,prêt à quasiment anticiper la touche et là, c’est le pied. Les verticaliers ne quittent que très rarement des yeux l’échosondeur ainsi que le scion de leur canne, très tactile pour cette dernière, d’une action extra-fast en général, assez courte ( environ 1,80m / 1m90 mais pas moins pour ne pas perdre en efficacité au ferrage). Je préfère ces actions de pointe aux actions plus paraboliques, pour favoriser l’impact et le ressenti à la touche et diminuer le temps de réaction sur des touches parfois discrètes. Le tout associé à un blank raisonnant et un scion tactile.

Un passe-partout serait d’utiliser une canne 10-40g pour faire vite, en resserrant un peu 7 – 28g ( polyvalence) mais ce n’est qu’un ordre d’idées. On peut monter sur des cannes plus ou moins puissantes selon les conditions du jour.

La longueur de la poignée ne devra pas être trop longue pour ne pas gêner le ferrage et l’idée est de ne pas utiliser que le poignet pour ferrer mais de monter le bras vers le haut ( ouverture de l'angle de ferrage) plus ou moins à l’horizontale pour assurer une meilleure efficacité de l’entrée de l’hameçon dans la gueule du poisson. Enfin, si vous pouvez opter pour un ensemble léger pour faire face aux longues heures de patience qu’il vous faudra.

Concernant le moulinet, certains pêcheurs en verticale ne jurent que par les moulinets casting et leur aspect «  confort » pour garder facilement le contact avec le fond (lâchers de bannière fréquents )… Je préfère pour cette technique le spinning léger à tambour fixe ( Taille 1000, à 2000 pour le moulin ) , et frein avant pour éviter de gêner la prise « porte-plume ». Sur cette vidéo de l'an dernier le froid interdisait cette prise de canne et dans ce cas, on fait comme on peut pour ne pas perdre ses doigts.

Si possible d’un poids assez léger qui doit aussi rendre l’ensemble bien équilibré. La ratio n’a que peu d’importance pour le coup puisqu’il ne s’agit pas d’une pêche linéaire en lancer-ramener.

Je trouve sur cette technique l'approche spinning malgré tout plus précise qu'en casting...

Côté ligne, tresse indispensable, 6 à 12/100 en général. Indispensable car elle permettra un contact direct avec le montage, une perception maximum de la touche et un ferrage optimal. Perso, jusque là , j'étais sur de la power pro 10/100 red, puis de la PP super 8 slicks toujours en 10/10 . Cette année ce sera powershot dans une couleur, plus visible pour l'oeil humain. Trop galère à mon goût ce red vermilion ( rouge ) .

L’approche du poste : le backtroller ( inverse du frontroller , mieux approprié par grand vent ou fort courant) consiste à déplacer le bateau en marche arrière, face au vent généralement ou dans le sens opposé du courant.
Cette action pêche permet d’approcher un poste très lentement et avec précision car sur la majorité des embarcations la sonde est placée sur le tableau arrière.
Un de ses plus grands avantages est le fait qu’elle permet de rester quasiment en permanence sur le poste, en alliant la vitesse du moteur opposé à la force du vent.

D'une manière plus large, le poste pourra être abordé en coupant perpendiculairement la cassure ou au contraire suivi parallèlement au tombant si une profondeur constante engendre des touches.

 La vitesse de dérive du bateau est variable. On évitera de dépasser 1km//h pour garder le contrôle et le ressenti sur le leurre. La vitesse de déplacement du bateau n’est pas celle du leurre . Là encore, les caractéristiques du leurre ( sa densité, son poids, sa forme, la forme de la TP, le grammage de l'ensemle etc…. ) sont à prendre en compte par la vitesse de dérive du bateau. Le rapport «  vitesse de déplacement du bateau/ vitesse de déplacement du leurre , conditionnera la réussite de vos sorties en fonction de ce que veulent … les poissons . On ne peut donc que conseiller lors d’une journée de pêche à la verticale, de pratiquer chaque poste en appliquant une action différente par passage sur celui-ci.

La différence de rendement du poste peut varier alors du tout au tout …

L’animation doit donc être en phase avec le type de leurre afin que celui-ci évolue de manière adéquate et procure la vibration recherchée.
Il faudra tantôt décoller votre leurre ( et même avec un léger jigging si besoin pour lui donner un effet planant à la descente, tantôt uniquement le faire évoluer à moins de 5 cm du fond, sur des animations plus minimalistes).

Enfin l’hameçon chance reste à mes yeux … obligatoire . La taille de cet hameçon triple doit être proportionnelle en fonction de la taille du leurre, et varie entre le n° 8 et le n°2 pour une fourchette possible.

Une fois que la fréquence et le timing de l’animation la plus efficace sont décelés, il y a grande chance que les touches se succèdent à un bon rythme.

Pour conclure : la précision de la dérive est pour certains spécialistes l’élément de réussite essentiel pour la verticale. Selon Dietmar Isaiasch, elle doit consister en « des déplacements lents, réguliers et maîtrisés » et il précise même : « j’insiste sur la navigation car à n’en point douter, la question de l’embarcation et de sa propulsion, de sa maîtrise surtout par le pêcheur, est la donnée la plus décisive dans la pêche à la verticale, bien plus que le leurre et même que son animation ».

 

La présentation du leurre se fera toujours à proximité du fond, avec des animations généralement lentes et de faibles amplitudes. Celles-ci pourront varier suivant les saisons et les conditions du moment, n’excluant pas des saccades rapides et marquées face à des poissons très actifs.


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Jean-Louis 17/01/2014 12:58

Salut,

Un bel article Arnaud. On peut rajouter qu'en lac, il faut se servir de l'écho pour avoir un indice de la profondeur à prospecter, suivant la profondeur de la majorité des poissons. De même, il
faut persévérer dans la profondeur où on a eu la ou les premières touches, même si on change de poste.
J'adore pêcher en verticale, c'est cette technique qui m'a donné confiance dans les leurres souples. Par contre, je suis déçu par mes pêches en verticale en rivière de cette fin d'année qui n'ont
rien donné...Allez, il reste 2 sorties pour se rattraper !

Arno39 17/01/2014 14:47



Salut JL, 


Merci, c'est un article que j'ai fait l'année dernière et qui a été complété au fur et à mesure des nouvelles expériences depuis. L'écho est THE outil pour la vertic c'est clair... Pas mal de
crues en rivières depuis 2 ans chez toi, ce qui ne rend pas les dérives si faciles que ça .



ludo71 17/01/2014 08:35

Ah ce que c'est cool une bonne châtaigne que te secoue la canne ... Sinon il est aussi possible que les touches surviennent au moment où l'on est pas concentré, probablement parce que l'on propose
une animation moins stéréotypée à ce moment là... Du coup grosse galère pour se rappeler de l'anim ! (J'ai souvenir d'un bec de 86 pris alors que je me chamaillait avec mon frangin et qui me
foutait des gros coups de poings sur l'épaule....ça devait faire tressauter le leurre...)

Arno39 17/01/2014 09:57



Oui , où quand on mange ... Et là , c'est le drame.


La baston avec un tiers, c'est la version moderne du jigging .



petitjean gilles 17/01/2014 07:37

super article.merci arnaud

Arno39 17/01/2014 09:56



Bonjour Gilles. Merci. Je te souhaite beaucoup de grosses châtaignes en verticale !