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Baresiateamjura

Nos réponses sur l'évolution de la pêche dans le Jura pour 2014.

25 Novembre 2013, 13:25pm

Publié par Arno39

L'avenir de la pêche dans le Jura et bien plus largement au niveau national, passe par des décisions et des actions concrètes. Il a été demandé un avis aux pêcheurs, avis que chacun jugera en son âme et conscience.

Nous avons donné le nôtre, avec des amis d'autres départements, également investis dans leurs AAPPMA respectives. En voici quelques extraits. Pensez à participer sur le site de la DDT :  http://www.jura.equipement-agriculture.gouv.fr/avis-de-participation-du-public-a769.html , avant le 4 décembre 2013.

 

Courrier 1 : 

C'est une excellente initiative de créer ce type de parcours car la pêche du black-bass est une pêche passionnante, qui attire de nombreux pêcheurs. Ceux-ci investissent souvent beaucoup dans du matériel et n'hésitent à parcourir de nombreux km, ce qui contribue à développer le tourisme et le secteur économique lié à la pêche. Développer et protéger les populations de black-bass en Saône et Loire est donc important et ne concerne pas seulement le monde la pêche. Il faut étendre ce type d'initiative en rivière (en suivant l'exemple du parcours no kill de Cuisery) où il faut désormais cesser la pêche professionnelle qui met en péril ces actions, avec cette fois-ci de faibles retombées économiques pour la communauté.

Courrier 2 : 

Bonjour,

On ne peut que se féliciter des dispositions prises dans cette arrêté préfectoral qui permet une préservation des richesses piscicoles tout en offrant aux pêcheurs les moyens d'assouvir leur passion quelque soit le type de pêche pratiquée.
 
Les parcours no-kill, en 1ère catégorie notamment,sont d'une grande richesse pour ce département qui draîne des pêcheurs au-delà de ses frontières. La variété des parcours de pêche à la truite est formidable mais devant la dégradation des milieux il est nécessaire que les AAPPMA remplissent leur rôle de protection des milieux aquatiques par ces parcours de graciation comme sur la rivière d'Ain et sur la Bienne.
 
Toutefois, l'arrêté préfectoral pourrait aller plus loin sur certaines mesures concernant la pêche sur le lac de Vouglan et sur les parcours de seconde catégorie:
- Afin de préserver les populations de brochets, la taille  minimale de capture de cette espèce pourrait être amenée à 60cm afin de permettre à l'espèce de se reproduire au moins une fois avec certitude.
- Il en est de même pour les populations de sandres avec une taille minimale de 50 cm au lieu de 40cm actuellement, tous les poissons n'ayant pas atteint leur maturation sexuelle à cette taille.
- Si l'arrêté préfectoral prévoit une ouverture sandre/brochet au 1er juin sur le lac de Vouglans, l'ouverture au 8 mars de la truite sur ce même lac, classé en 1ére catégorie, amène de nombreux pêcheurs à rechercher en réalité sandres et brochets. Bien que remettant à l'eau leurs poissons, ces pêcheurs portent atteint à la bonne reproduction de ces espèces.
Des réserves temporaires ne pourraient-elles pas alors être mises en place pour limiter ces abus?
 

      En espérant que cet avis permettra d'aller encore plus dans la protection des milieux et le développement du loisir pêche, les deux étant indiscociables.

Courrier 3 : 

Bonjour et merci pour l’attention que vous porterez à ce courriel.

Moins de pêcheurs au bord de l’eau, des milieux dégradés et des poissons moins nombreux par endroits. Triste constat mais l’avenir de la pêche n’est pas figé. Merci sur ce point de contribuer à mettre en œuvre ce débat d’idées suivi de mesures concrètes et rapides on l’espère !

1 ) Protection des espèces par ouverture différée

Ouverture de la pêche du brochet et du sandre le 1er Juin 2014 : Très bonne chose mais insuffisante. Le 15 Juin serait mieux. Je m’explique :

Le climat Jurassien est froid l’hiver et les périodes de reproduction sont encore plus tardives que dans certaines régions françaises. Les sandres n’ont pas, comme l’an dernier, terminé leur reproduction le 1 er Juin en raison d’un hiver qui s’est éternisé avec des températures anormalement froides. Les charbonniers (mâles qui défendent les nids) étaient encore bien présents sur Vouglans à cette période.

Cette mesure est indispensable pour éviter les pillages sur les frais de sandres en Mai ! A ce moment ces poissons se jettent sur n’importe quoi et sont malheureusement, traditionnellement «  viandés » lorsqu’ils sont vulnérables.

Pour finir sur ces périodes de fermeture, je pense que fin Novembre comme il y a quelques années, était plus raisonnable que fin le 31 décembre. Les pêches modernes se sont développées à vitesse grand V et les pêcheurs en «  verticale » sont désormais légion ( boom depuis 1 an ou 2 ) à la période Novembre/Décembre. Les sandres s’étant regroupés et font le plein de réserves pour l’hiver dans des profondeurs importantes ( 15 mètres et plus ) . Leur remontée en surface leurs infligeant des dégâts majeurs dus aux phénomènes de décompression et des lésions internes irréversibles . De plus, cette période de gavage sur cette période automnale, fait prendre énormément de poissons à chaque sortie. Malgré les quotas, prendre 10, 20 sandres dans la journée n’est pas rare et même relâchés, ces poissons iront pour beaucoup agoniser au fond de l’eau, suite aux lésions internes expliquées en amont.

Je suis moi-même pêcheur aux leurres, et occasionne parfois des dommages aux poissons dans ces conditions.Comme tous les pêcheurs aux leurres d'ailleurs, ni plus ni moins! Je ne trouve pas que ce soit une bonne chose de fermer certains plans d’eau profonds ( 15 mètres et plus ), où le sandre est présent, au 31 décembre pour les raisons évoquées ci-dessus ( mortalité élevée des prises à cette période ).

2) Taille des captures :

Je suis clairement pour une maille de 50 cm pour le sandre et de 60 cm pour le brochet.

Explications : un sandre de 40 cm ne s’est pas forcément reproduit. Un sandre de 50 cm si !!!

Pour le brochet, je suis partisan d’un système de maille inversée comme en Irlande. La pêche y est ouverte toute l’année et le poisson abondant. Les pêcheurs peuvent garder un poisson de moins de 50cm et un poisson trophée (largement métré). Les meilleurs géniteurs étant les poissons entre 60 cm et 1 mètre. Donc si vous prélevez ces poissons dans cette fourchette de taille, vous diminuez les capacités de reproduction de cette espèce.

3) Salmonidés :

Pour le corégone, taille à 35 cm partout. Les pêcheurs de Chalain se plaignent de prendre moins de poissons maillés. A 32,1 cm, un coup de matraque derrière la tête. Pas étonnant donc de voir les jolis poissons de plus en plus rares. Sans parler des 5 poissons journaliers sur ce plan d’eau… Un non sens. On ne va plus à la pêche pour se nourrir en 2013.

4) Quotas :

Très déçu qu’une proposition de quotas revus à la baisse ne soit pas proposée sur tout le département, ou la France même. Nous ne pouvons plus faire l’autruche et faire comme si les milieux allaient bien. Ce n’est pas en alevinant que les problèmes de fond seront résolus.

La diminution des quotas est un passage incontournable pendant plusieurs années pour redonner à nos milieux un second souffle.

5) Réserves temporaires :

C’est un point INDISPENSABLE à GENERALISER PARTOUT. L’idéal étant de coupler réserves temporaires/ zones de frayères et aménagement du milieu.

L’AAPPMA de la Gaule Moirantine demandera à Monsieur le Préfet, la possibilité d’installer des zones de réserves temporaires sur le lac de Vouglans, entre son ouverture en Mars et jusqu’au 15 juin. Toute forme de pêche y serait interdite (même la pêche au coup, principe d’une réserve) pour éviter le pillage des sandres sur leurs zones de reproduction dès le mois d’Avril / Mai).

Interdire la pêche aux leurres sur Vouglans avant l’ouverture serait une des clés !!!!!

Comme dit au préalable, il faut aménager des zones de frayères, investir des sommes utilement, c'est-à-dire portant sur l’amélioration de la qualité de l’eau et des milieux,  et non centrer les actions sur l’alevinage bien inutile, si le milieu est dégradé et si le poisson n’a pas le substrat nécessaire pour se reproduire !

6) Les parcours no-kill :

 « Réouverture de la pêche sur la basse Bienne en No-Kill depuis l’aval du barrage d’Etables à Saint-Claude au pont jouxtant les carrières Di-Lena à Lavancia-Epercy (23 000m). »

Bonne initiative à condition que les contrôles soient renforcés. 23 km , c’est beaucoup à surveiller .

A condition que ce parcours reste en no-kill pendant des années, pour que les truites s’habituent de nouveau à la présence des pêcheurs et retrouvent leur côté sauvage, ce qui n’est plus le cas au Pont de Jeurre et sur bien d’autres tronçons de la Bienne.

A condition que les piscicultures pollueuses responsables de la transmission de germes, virus et autres, soient lourdement sanctionnées (pollueur/payeur). Dénoncer ces pisciculteurs peu scrupuleux et leur faire mettre la main au porte-monnaie est aussi une étape incontournable pour retrouver des milieux plus sains. Pourquoi la Bienne est-elle fermée depuis 2 ans ? Quelle est l’origine de cette mortalité ? Je me trompe en pensant qu’il s’agit d’une pisciculture ?

7) Les pêcheurs professionnels :

Les pêcheurs désertent les rivières et lacs. Moins de cartes vendues, moins de poissons qu’il y a 10, 20 ou 30 ans. Des réalités. Les pêcheurs professionnels ne sont pas les bienvenus et ne le seront jamais. Trop peu scrupuleux, irrespectueux de la ressource par uniques enjeux économiques et financiers, pillant les plans ou cours d’eau où les AAPPMA s’évertuent d’œuvrer, allant où les PCB ne sont pas assez nombreux pour que les poissons puissent encore être consommés et désertant la zone lorsque les réserves sont épuisées. Voilà le contraire de ce qu’il faut pour l’avenir de nos milieux.

En conclusion :

Le développement de la pêche de loisir passe par une hausse des pêcheurs prenant une carte.

Ceci n’est possible que si les poissons sont nombreux.

Ceci n’est possible que par la mise en place de réformes drastiques et majeures (ouvertures plus tardives, zones de réserves temporaires, aménagement des milieux, augmentation des tailles de captures, diminution des quotas … etc.).

Ceci n’est possible que par des actes et des choix responsables, lucides et éclairés.

La qualité des milieux est bien plus importante que des guerres de clochers. L’intérêt collectif doit primer dans l’intérêt des poissons et donc des pêcheurs. 

 

Courrier 4 : 

Objet : Avis de participation du public : pêche en eau douce dans le département

 

Les points positifs :

 1 : Repousser les dates d’ouverture des carnassiers (sandres et brochets) au 1er juin afin de permettre à ces poissons de se reproduire.

2 : Les décisions concernant les parcours no kill notamment ceux de La Bienne et de la rivière d’Ain, cours d’eau fragilisés. Parfait pour les rivières, pour les pêcheurs et les AAPPMA qui gèrent ces parcours. Mais attention au futur changement de réglementation sur ces parcours qui pourraient anéantir les bienfaits de ces décisions. Ouvrir ultérieurement au prélèvement occasionnera une véritable « boucherie ».  Maintenir le plus longtemps possible ces parcours no kill est un gage de maintenir une population de truites et d’offrir du plaisir aux pêcheurs qui fréquentent et fréquenteront ces parcours.

Pour aller plus loin :

1 : Il me semble nécessaire d’augmenter les tailles de capture des sandres (50cm) et brochets (60cm) pour permettre à ces poissons d’atteindre leur maturité sexuelle.

2 : Des zones de mise en réserve temporaire doivent être généralisées afin de protéger les poissons des abus de pêcheurs peu scrupuleux (zones de frayère). Sur ces dernières l’ouverture de la pêche au 15 juin permet de garder des zones vierges de pression de pêche pendant la reproduction souvent tardive du sandre dans notre département.

3 : Des quotas à 3 salmonidés par jour sur l’ensemble du département serait une bonne décision et même à mon sens qu’un simple début. La maille de la truite sur les grandes rivières comme l’Ain pourrait passer au moins à 30 cm…

4 : Limiter le nombre de cannes à 3 diminuerait les abus des pêcheurs ayant beaucoup de  lignes en action de pêche (femmes et enfants ayant leur carte pour permettre au père de famille de quadriller un plan d’eau !)

 

Pour conclure, je souligne la bonne initiative de demander son avis au public, aux gens concernés par ces mesures qui font et feront évoluer la pêche de loisirs.

 

Courrier 5 : 

Avis règlementation pêche Jura 2014

 

On compte sur vous et merci de nous faire part de toute remarque constructive dans la rubriques " commentaires " pour participer aux décisions importantes qui se profilent prochainement. 

Commenter cet article

pierre 08/12/2013 22:04

slt
En fait ce pisciculteur est un pote il n'à que de petit trou d'eau ou il produit des alvins de sandres et black parfois de brochets et quelque soit l'espèce quand je vais l'aider à récupérer la
fraie c'est par millier que l'on prend les alevins avec à la base une dizaine de géniteurs par espèce.Le but étant de récupérer la fraie avant que les géniteurs les bouffe pour en avoir le plus
grand nombre .C'est là que l'on voit que .
la prédation exercé par les autre carnassiers est mille fois plus importante que ce que prélève les pêcheurs.

Arno39 06/12/2013 07:59

Bonjour Pierre et merci pour le commentaire. Je ne miserais pas trop sur la parole des pisciculteurs concernant leur avis sur la protection du milieu quand on voit que ce sont parmi les premiers
pollueurs des rivières de première catégorie. Et je ne parle pas des pisciculteurs qui refusent de se mettre aux normes. A 2 kilomètres de mon domicile, il y a une pisciculture qui "se lâche" et
lâche toute sorte de merdes dans la rivière : on a retrouvé des centaines de truites sur le dos à la sortie de ses bassins + eutrophisation +++ de la rivère. Tous les ans c'est le même carnage ou
presque. L'eau est blanche par moment, sent très mauvais, la rivière a complètement changé et ce monsieur balance parfois ces arcs mortes dans le cours de la rivière pour finir. Après discussion
avec un agent de l'ONEMA il y a 2 semaines, j'ai eu confirmation que cette personne était connue pour ce type de méfaits. On attend des sanctions. Mais on attend déjà depuis des années et les
choses ne semblent pas bouger. Et ce n'est pas parce qu'il est clean que ça ne bouge pas m'a confirmé l'ONEMA. Il y a d'autres enjeux derrière. Concernant la pollution de la Bienne et le virus
transporté, ne s'agit-il pas d'une pisciculture?

pierre 05/12/2013 16:40

je suis un peu en retard pour réagir;je rajoute qu'une même espéce s'autorégule quelque soit le plan d'eau .Un pisciculteur m'à affirmé que les pêcheurs représantaient un impact négligeable sur une
population de poissons (hors période de fraie et pêche au filet ) j'ai eu du mal al'admettre mais avec le recul je pense qu'il à raison

petitjean gilles 26/11/2013 17:33

autant pour moi,c était bien le troisième dimanche de novembre.je joue mon joker!!!!

oliv39 26/11/2013 17:15

Vouglans c'était le 3ème dimanche de novembre me semble-t-il... Octobre, novembre, décembre ? Fermer en novembre permet de contenter tout le monde ou presque. C'est au moins un juste milieu !

petitjean gilles 26/11/2013 15:37

bonjour .il y a quelques années vouglans fermait le troisième dimanche d octobre et cela ne choquait personne.

Ludo71 25/11/2013 19:42

Par contre c'est con pour ces histoires de carnet de prélèvement, c'est vraiment une manière de voir l'évolution d'une population...
Mais si on prône des quotas journaliers et annuels, comment vérifier à coups sûrs que quelqu'un a pas dépassé le quota annuel si on ne met pas un marquage sur le poisson conservé (système de bagues
à la chasse) ?

Arno39 25/11/2013 19:40

N'étant pas chasseur, je ne peux pas te parler des prélèvements dans ce domaine.lol
Je te cite " Par contre quand tu dis il y a 10/15 ans on prenait davantage de sandres, je ne pense pas qu'il faille affirmer que ce sont les pratiques actuelles qui ont fait descendre la
population, possible mais pas sûr du tout: il y a 10/15 ans c'était la phase d'expansion, s'en est suivi une phase de diminution puis stabilisation... "
100 % d'accord et ce n'était pas mon propos d'affirmer ce lien direct entre les 2 constats. Je disais juste que les pêches actuelles automnales ne favorisent en rien l'expansion des populations de
sandres sur Vouglans.
Pour la pêche, il y a bien sûr d'autres causes aux prélèvements d'automne pour faire baisser la population de sandres ( concurrence du silure, adaptation de l'espèce comme tu le mentionnes,
quantité de poisson fourrage et équilibre prédateurs/ fourrage , réussite ou non des fraies .... etc ) .
Les chiffres avancés n'ont rien de scientifiques , mais pas aberrants non plus et pas si loin de la réalité. En revanche l'idée du carnet de prise a déjà été testée dans plusieurs endroits, même
moins vaste qu'ici : un vrai désastre car
1) pas de contrôle ou si peu ( il faudrait 20 gardes à temps complet sur Vouglans tellement c'est immense)
2) des pêcheurs qui ne jouent pas tous toujours le jeu
3) des systèmes et des moyens d'EVALUATION trop limités.
Quand on met en place des actions, il faut pouvoir les évaluer avec précision. Ce qui n'est pas le cas pour les raisons évoquées en amont.
Quant aux marquages , j'te dis pas le coût. Impossible à généraliser quand tu vois les préoccupations des dirigeants FNPF .

Ludo71 25/11/2013 19:37

J'aime bien ton raisonnement à la fin, mais je suis pas certain qu'il soit forcément juste, mais j'aime bien... en tous cas l'argumentation est bien tournée (presque de la manipulation lol), mais
je ne suis pas certain que ce soit aussi simple: rien ne garantit qu'il aurait davantage de sandres en diminuant le prélèvement.
Si j'étais à ta place, cela ne m'inquiéterais pas outre mesure de voir autant de pêcheurs, pour les cartes c'est bon signe ! Quand tu annonces 9800 sandres ni toi ni moi n'avons les connaissances
pour juger si c'est trop ou pas... Peut-être qu'un lac comme Vouglans est capable de dégager "une marge" prélevable de 10 000, 20 000 ou 50 000 sandres, ou au contraire peut-être qu'il ne faudrait
pas en prélever plus de 1000 ou 2000 / mois, c'est extrêmement difficile à évaluer... C'est plus en taux de renouvellement que nous devrions compter ça: si on a X milliers de tonnes de sandres sur
Vouglans on peut en prélever une certaine proportion sans entamer le capital utile pour le renouvellement de l'espèce, seulement c'est cette quantité qui est difficile à évaluer.
C'est un peu comme à la chasse: on a une population estimée à X animaux, les études sur les populations disent que l'on peut en prélever 10, 20, ou 30% ça dépend : et sur certains territoires bien
pourvus ça peut donner un prélèvement de plusieurs centaines voir milliers d'individus, alors que sur d'autres une ou deux dizaines ce sera déjà trop!
C'est pour ça que je suis à fond pour des carnets de prélèvement et des marquages des fishs conservés: comme ça au bout de quelques années on aura une idée de l'évolution des captures et donc de la
population: elle est stable, diminue ou augmente et du coup on adapte le prélèvement. C'est un mode de gestion qui a porté ses fruits pour les grands animaux à la chasse (chevreuils, cerfs,
sangliers,...).
Toutefois, l'énorme avantage de ton raisonnement, étant donné qu'on a pas ce mode de gestion, c'est qu'au moins on ne fait pas de conneries: parce que c'est toujours plus facile d'autoriser plus de
prélèvement quand on s'aperçoit qu'en fin de compte on pouvait prélever plus, plutôt que d'essayer de faire remonter une population qu'on a fait descendre: truites par exemple, mais aussi beaucoup
d'exemples concernant la chasse pour certaines espèces.
Par contre quand tu dis il y a 10/15 ans on prenait davantage de sandres, je ne pense pas qu'il faille affirmer que ce sont les pratiques actuelles qui ont fait descendre la population, possible
mais pas sûr du tout: il y a 10/15 ans c'était la phase d'expansion, s'en est suivi une phase de diminution puis stabilisation... comme le silure en Seille, Saône il y a quelques années : il s'en
prend beaucoup moins alors que ce n'est pas un fish souvent sacrifié pour l'assiette...
Aïe aïe aïe pas simple...
Malheureusement tu verras que la réglementation évoluera avec un temps de retard, parce que c'est toujours plus simple d'agir en curatif qu'en préventif, moins efficace mais plus simple !

Arno39 25/11/2013 19:35

Je t'assure que beaucoup de pêcheurs appliquent la logique : "je paye une carte, faut la rentabiliser" , malheureusement ...
Pour le reste, OUI c'est se priver 1 mois ou 2 effectivement, pour mieux profiter des autres périodes de l'année où on ne prend rien, avec plus de poissons du coup et plus de reproducteurs
potentiels. Et il s'agit d'une privation partielle sur quelques plans d'eau seulement : rien ne nous empêche d'aller pêcher ailleurs, là où les plans d'eau sont moins profonds.
Concernant le point de reproduction que tu évoques , une femelle pleine en décembre c'est à coup sûr des centaines de sandres adultes en moins.
> > La même femelle en Juillet aura déjà pondu, et ne sera pas encore fécondée . Et si elle ne l'est pas dans l'année quit suit, sa mort n'occasionnera pas les mêmes dégâts que quand elle est
pleine en décembre...
Je n'ai jamais dit que les pêches d'hiver faisaient autant de dégâts que de pêcher sur les nids. Elles font du dégât et elles font plus de dégâts que sur les autres périodes de l'année hors
reproduction. Encore une fois n'oublie pas la spécificité de mes propos : je parle des pêches profondes et que des pêches profondes. Certains plans d'eau mériteraient une législation singulière et
"différente" de la masse à mon sens.
Pourquoi y - a - t- i l depuis 3 semaines à Vouglans 15/20 remorques à la mise à l'eau du Pont de la Pile tous les jours de la semaine ( je ne te parle pas du WE ou des jours fériés comme le 1 ou
11 Novembre, où on monte à 25 sur cette mise à l'eau ) ? Une dizaine à Barésia le We dernier et 6 ou 7 à Mercantine ce même we alors que le reste de l'année nous sommes 3 ou 4 à pêcher ce lac
?????
C'est parce que les poissons sont faciles à prendre , ce qui explique le boom des verticaliers/ congélos ! ( PAS TOUS , certes, on ne peut pas généraliser et tant mieux ).
Ce qui fait environ 35 remorques sur 3 mises à l'eau , ( 70 pêcheurs ) , des bateaux à 3 , d'autres à 1. bref une moyennne.
70 pêcheurs sur 3 zones , à 5 poissons pris ( maillés ou non ) en moyenne par bateau et par jour = 350 sandres mis au sec par jour . X 7 jours = 2450 poissons/ semaine = 9800 par mois.
Ces chiffres ne sont pas du délire, mais la réalité de Vouglans à cette période les jours où les poissons sont décidés. Après , je ne connais pas la part des maillés/ non maillés, gardés, relâchés,
morts à la remontée... etc . Mais ça commence à causer .
Faut pas se mentir , les sandres ici ne sont plus légion comme il y a 10 ou 15 ans d'où mes inquiétudes. Aujourd'hui t'en prends 10 ou 15 quand ça va bien et 20 quand ça va très bien ( pas tous
maillés bien sûr) . Je connais des gusses qui en empilaient 50 ou 60 chacun et par jour à la Saisse à Pont de Poitte au début des années 2000.
Donc il faut être vigilant. Je n'ai pas envie de pêcher que le silure dans quelques années .
Enfin, je pense que les périodes "rentables" ( pour le plaisir ) le seraient encore plus toute l'année si une réelle protection du milieu à l'automne et au printemps était faite. Et du coup, le
temps libre serait plus facile à caser puisque, quel que soit le moment, les populations seraient plus conséquentes.

Ludo71 25/11/2013 19:30

Ouais heureusement qu'on a des avis différents sinon ce serait triste, pis comme je te dis vu que ça m'est jamais arrivé j'évoque mon avis sur quelque chose que je n'ai jamais vu, si ça m'arrivait
de voir remonter 4/5 sandres je pense que ça me resterait en travers la gorge...
Pourquoi acheter bateau, cannes, écho sondeur si ce n'est pas pour pêcher cette période !
Tu dis que ce n'est pas plus difficile de prendre des sandres à cette époque, mais où est le soucis ? Tant mieux, si on veut de la difficulté il faut pêcher sans hameçons... ? Bon je pousse un peu,
mais il n'y a pas de mal à vouloir profiter de périodes intéressantes, mais effectivement sur des journées fastes s'il n'y a pas moyen d'en remettre un... il faut être raisonnable aussi, je pense
que si demain je vais à Vouglans que le premier je le garde, le deuxième repart pas, le troisième pareil... je vais sûrement changer qqch, repartir ou essayer qqch...
Par contre là où je trouve bizarre ce que tu dis, c'est concernant le fait que les femelles soient pleines d’œufs... De toutes façons un sandre bien maillé (50 et +) est un reproducteur en
puissance pour l'année d'après, donc même si tu le prends en Juillet c'est déjà un reproducteur... c'est juste que ça se voit moins parce que les œufs sont à peine visibles (mais néanmoins déjà
présents...)

Pour le coup, je pense qu'enlever le printemps et l'Automne enlèverait vraiment des cartes de pêche... mais si tu penses que ça peut avoir un impact similaire à la pêche sur les frayères... je
reste dubitatif quand même !

Arno39 25/11/2013 19:25

Concernant le no-kill total , je l'ai toujours dénoncé car il n'y a que de l'hypocrisie derrière. Préveler un poisson de temps en temps n'a rien de choquant à mes yeux.
Cependant je maintiens ma position sur les périodes et reste contre le fait de prendre une carte pour la rentabiliser, quitte à me priver de sorties en décembre dans les plans d'eau PROFONDS (
Surtout Vouglans ). Je n'ai parlé que des plans d'eau profonds ( 15 mètres et plus ). Les lacs en fait. Et c'est là que la règlementation doit être SPECIFIQUE sur ce point.
Le printemps tout le monde en convient, ça ne se fait pas de pêcher sur les nids. Ouiais mais en hiver, qu'est-ce qui est différent ?
Les 2 ou 3 poissons gardés l'année dernière à cette époque ( sandres de Vouglans ), morts à la remontée, étaient pleins de poches d'oeufs énormes qui seront pondus plus ou moins tôt au printemps en
fonction de la température de la flotte. Et là ce n'est pas moi qui ait décidé de prélever tel ou tel poisson !! C'est le fait qu'il soit mort. Et cette femelle de 80 cm , pleine d'oeufs en
décembre, je l'aurais relâchée en temps normal. La laisser morte sur le dos est encore plus bête.
Cet exemple montre que la prédation n'est pas choisie mais subie dans ce cas . Et ça ça me fout les boules, car une femelle pleine d'oeufs vivante, repart à l'eau chez moi.
2ème raison donc qui me pousse à être contre : la mortalité en grandes profondeurs.
3ème argument : il est guère plus dur de prendre des sandres en verticale l'hiver que de les pêcher sur les frayères et je pèse mes mots. On peut même prendre plus de poissons avec cette technique
que sur les zones de repro qu'il faut connaître avant de les pêcher.
En début d'hiver les poissons ne sont pas sur les zones de frai mais regroupés sur beaucoup plus de postes dans une profondeur quasi similaire pour la masse.
Il suffit d'avoir une touche à 14 mètres en vertic ( allez 2 ) pour faire un carton derrière à cette même profondeur d'où des journées à 20 poissons sans exagérer.
Ya pas de souci si on me dit demain tu pêches plus Vouglans en décembre. D'ailleurs dans le courrier à la DDT, j'ai proposé une date de fermeture anticipée!
Au contraire même, c'est que les choses auront bougé.

Ludo71 25/11/2013 19:22

Je pense qu'à un moment donné si on a peur de faire du mal ou de tuer un poisson, il ne faut plus aller à la pêche ou pêcher sur sa console ou son ordi : la pêche est un loisir issu du réflexe de
prédation, mais qui offre le luxe (indispensable aujourd'hui) de pouvoir relâcher certaines de ses prises. Sylvain avait écrit un article il y a quelques semaines assez juste à ce sujet. Ne soyons
pas fleur bleue ou bobo escrologistes, le poisson n'est pas un partenaire de jeu, nous serions bien cruels de lui planter un hameçon dans le nez en disant que c'est un copain. J'ai bouilli en
regardant le dernier culture fish en écoutant un idiot qui n'avait probablement jamais vu un poisson autre que pané avant de suivre la mode du street fishing quand il dit "le poisson est un
partenaire, donc je le relâche, comme un copain avec qui je fais un tennis je le tue pas à la fin de la partie". Moi je n'ai jamais fait de tennis, mais je lui aurais bien demandé "dis, ton
partenaire au tennis, tu lui emmanches ta raquette dans le … jusqu'aux oreilles si c'est toi qui gagne?". Là il faut arrêter. Ce gamin je l'obligerai à tuer et manger au moins un poisson pour qu'il
se rende compte que, relâché ou non, c'est une proie et non un partenaire. Que c'est un animal vivant, pas du tout d'accord avec ce qu'on lui fait, là on est pas dans un jeu vidéo merde ! OUI une
proie, ni plus ni moins, mais dans son sens "noble" si j'ose dire. La pêche moderne nous permet d'apporter une dimension supplémentaire à la simple relation proie/prédateur et nous donne
l'opportunité de pouvoir les relâcher, ça s'est vraiment une dimension agréable, et en plus indispensable aujourd'hui.
Je m'enflamme un peu là, normal ça fait des semaines que je ne suis pas allé à la pêche...

Tout ça pour dire que se priver du printemps nous enlève des prises, mais c'est justifié puisqu'il y a la reproduction... novembre les poisons descendent en profondeur et on les abîment... pis en
été quoi d'autre, l'eau est mal oxygénée donc il faut pas y aller ? Stop, la pêche, même en no-kill, a un impact et il faut l'accepter ou ne pas pêcher... Si on prend un permis pour se priver du
printemps à cause de la repro, de l'automne à cause des profondeurs, de l'hiver parce que c'est fermé mais où va-t-on ? La plupart d'entre nous n'a pas le temps d'aller beaucoup à la pêche et en
profite pour poser une à deux semaines par an pour y aller aux moments les plus propices... si en plus on se tire une balle dans le pied pour s'enlever ces périodes là...

Enfin ce n'est que mon avis... l'avis d'un pêcheur à qui ce n'est jamais arrivé de prendre 10 sandres dans une journée et d'en voir la moitié remonter le ventre en l'air, peut-être que si cela
m'arrivait je changerais d'avis...

Sinon en ce qui concerne les parcours no-kill, il faut bien se dire qu'ils sont provisoires c'est pour ça que j'ai commencé à parler de mailles et quotas restrictifs. Il faudra vraiment qu'on mette
la pression au moment où il seront abandonnés, pour obtenir des VRAIES mailles et quotas.

jean-louis 25/11/2013 18:20

Une remarque concernant le courrier 1 : il concerne la mise en place d'un no-kill black-bass dans un étang de Saône et Loire. Pour le reste, on voit que nos avis ne sont pas toujours les mêmes,
même s'il se rejoignent sur certains points. A vos plumes ! pour montrer que les pêcheurs à la ligne peuvent se bouger et avoir du poids dans la prise de décisions.