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Baresiateamjura

Sujet sensible : le no-kill.

14 Mars 2013, 09:22am

Publié par Arno39

NoKill

viandards brocs

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Cette thématique de plus en plus d’actualité avec le nombre croissant de pêcheurs « no-kill », a pour unique but une nouvelle fois de relater des faits et d’ouvrir le débat pour que de nouvelles actions concrètes et efficaces voient le jour  et viennent renforcer les initiatives locales déjà présentes. L’article sur l’explosion du silure avait connu un franc succès avec des argumentations intéressantes et enrichissantes que tout le monde avait su faire ressortir de manière constructive en défendant ses convictions. En espérant qu’il en soit de même sur ce sujet dans l’air du temps.

  Une réalité est que les populations de carnassiers ont été décimées par endroits depuis des décennies, alors qu’il existe quelques rares lieux encore mythiques et riches en poissons de tous genres. De là à dire que les viandards sont la cause unique de tous ces maux est un non-sens. L’agriculture intensive, les rejets industriels, le réchauffement climatique, l’eutrophisation des rivières ou la présence des cyanobactéries (nous pourrions faire une liste d’une page) , sont certainement autant d’arguments à prendre en compte pour expliquer les déceptions que nous rencontrons tous lorsqu’une sortie de pêche de termine par un monumental capot !

Même si tout semble opposer de prime abord les anti-congélo et les viandards, il y plusieurs possibilités à envisager sur le pourquoi de cette division

J’ai voulu prendre des indicateurs communs au nombre de 7, et analyser rapidement leurs possibles perceptions dans chacune des 2 « écoles » en relatant des conversations ou phrases entendues au fil de l’eau. Je tiens à préciser que la liste est non exhaustive et que chaque point évoqué pourrait être approfondi mille fois. Mais les journées ne font que 24H.

 

Les indicateurs retenus :

- l’importance des actions de sensibilisation et d’information

- le quota des prises

- les mailles des poissons

- les dates d’ouverture 

- les réserves temporaires

- les frayères artificielles et autres aménagements

- les parcours no-kill

 

 

INDICATEUR 1 : l’importance des actions de sensibilisation et de communication :

 

Du côté des no-killers :

 « J’emmène mon fils à la pêche et à chaque fois qu’il prend un poisson, je lui explique qu’en le relâchant, il le reprendra peut-être un jour encore plus gros. »

« Ces cons de viandards sont hermétiques aux remarques qui leurs sont faites ». (Avons-nous au moins une fois essayé de discuter avec ces « cons de viandards » ?)

 

De l’autre côté :

 « On a toujours fait comme ça… »

« Ces connards (décidément) qui viennent nous donner des leçons et nous narguer avec leurs bouts de plastique. »

« Ils ne connaissent même pas le lac et ils viennent nous faire la morale »

 

INDICATEUR 2 : le quota des prises

 

Du côté des no-killers :

« Limiter le nombre de capture par jour et par pêcheur est un gage de survie des espèces pour l’avenir »

« au 21ème siècle, on ne pêche plus pour se nourrir »

« De toutes façons, nous les quotas on s’en moque, on relâche tout ». (on s’en moque peut-être mais si ceux-ci n’existaient pas , que se passerait-il ?)

   

De l’autre côté :

« A l’époque, on avait le droit de tout garder et y’avait  toujours autant de poissons » . ( Oui à l’époque, mais de quelle époque parle-t-on ? Il y a 10 ans, 20 ans ou 30 ans ? Là où je vois 2 truites sur un secteur mon père en voyait 20 et mon grand-père 200 !)

«le quota on le fait plus, c'est fini, ya plus de poissons dans ce lac »

« Je ne vais pas prendre de carte de pêche cette année, on ne prend plus rien »

 

  INDICATEUR 3 : les mailles des poissons

 

Du côté des no-killers :

« De toutes façons on ne peut pas discuter avec ces gens là »

« Prendre un sandre de 40 cm qui ne s’est pas encore reproduit une fois dans sa vie est un non-sens »

 

De l’autre côté :

« Les sandres de 40 sont meilleurs que ceux de 80, c’est comme les brochetons au beurre bien meilleurs que les gros »

« avant les mailles n’existaient pas et on en prenait toujours autant, toute l’année ».

 

INDICATEUR 4 : les dates d’ouverture 

 

Du côté des no-killers :

« la reproduction de certaines espèces coïncide exactement avec les périodes d’ouverture ce qui contribue au massacre des sandres mâles qui défendent le nid »

« pourquoi ne pas décaler les dates d’ouverture ? »

 

De l’autre côté :

« moi je paye ma carte, c’est pas pour pêcher 2 mois dans l’année »

« on va bientôt plus pouvoir aller à la pêche »

« le prix des cartes augmente et les périodes d’ouverture diminuent »

« avec leurs gros bateaux, ils pêchent toute l’année »

 

INDICATEUR 5 : les réserves temporaires.

 

Du côté des no-killers :

« si on ne peut pas bouger les dates d’ouverture, laissons au moins les poissons tranquilles pendant le frai sur les zones de reproduction connues »

 

De l’autre côté :

« on nous empêche de pêcher là où on allait d’habitude»

« pop pop pop ça sert à rien, c’est des beaux discours tout ça »

 

  INDICATEUR 6 : les frayères artificielles et autres aménagements.

 

Du côté des no-killers :

J’avoue que pour ce que je connais plutôt bien, en l’occurrence Vouglans et ses environs, je n’ai pas vu beaucoup de no-killers mettre en œuvre des actions concrètes sur cet indicateur 6 . Désolé, mais quand on peut joindre le geste à la parole c’est bien aussi.

 

De l’autre côté :

« on va faire des fagots pour les perches » (pour qu’elles se reproduisent ou pour les exploser sur ces tas de branches ?)

 

 

INDICATEUR 7 : les parcours « no-kill ».

Du côté des no-killers :

« l’emplacement du parcours est mal adapté sur ce cours d’eau car y a pas assez de nourriture pour les fishs et pas de frayères non plus"

« le parcours est trop petit, il faudrait mettre tout le secteur en no-kill et puis c’est terminé, ya plus de problème »

   

De l’autre côté :

« Tout le monde garde son poisson, même sur les secteurs de no-kill »

  " Les parcours no-kill ça ne me concernent pas, c'est pour les types qui pêchent aux leurres et qui relâchent tout"

  "un poisson piqué 50 fois va finir par crever, ils nous font marrer avec leurs histoires"

"on ne prend pas plus de poissons sur les parcours no-kill qu'ailleurs, les poissons s'habituent"

 

Conclusion :

Cet article avait pour but de pointer certaines incohérences de chacun des deux camps. Les citations sont réelles même si elles peuvent vite nous faire tomber dans les caricatures du fait de leur nombre restreint qui n'englobe pas les avis plus mitigés...Le tout no-kill n’est pas forcément la panacée à tous les maux et le tout congélateur encore moins ! Est-ce honteux ou scandaleux de garder quelques poissons dans l’année? Encore faut-il avoir un peu de bon sens pour relâcher un sandre charbonnier en période de frai ou une perche pleine d’œufs au printemps (ou encore mieux de ne pas les pêcher). Quelques poissons prélevés chaque année ne nuisent pas à la densité des populations et n’engagent pas une perturbation de la reproduction des espèces dès lors qu’il s’agisse d’un prélèvement raisonné et réfléchi. Un papy gardant ses 3 brochets pris au vif dans la saison, doit-il être considéré comme un viandard ? Beaucoup moins en tout cas que les donneurs de leçons qui prétendent relâcher leurs poissons et vendent des filets de sandre ou de perche à leur voisin dans le village d’à côté.

Les 7 arguments que j’ai voulu mettre en avant n’ont rien d’un fantasme. Ce ne sont que des faits et des discours entendus maintes fois. Je me suis permis quelques fantaisies en répondant rapidement à certaines de ces citations. Peut-être y a-t-il quelques solutions à envisager ?

 

INDICATEUR 1 : l’importance des actions de sensibilisation et de communication :

L’importance de ces actions prend tout son sens : les générations ne fonctionnent pas toutes sur les mêmes schémas. La gaule Moirantine pour la citer,  a vu son nombre de cartes « jeunes » augmenter de 25%  l’année dernière ce qui peut paraître encourageant pour l’avenir. Une journée de découverte sous forme d’ateliers est d’ailleurs envisagée en Juin sur la Mercantine avec l’aide de bénévoles de l’AAPPMA qui viendraient initier les enfants à la pêche loisir.

Le message passe également chez les pêcheurs plus expérimentés malgré ce qu’on peut en dire : il y a des anciens qui se sont mis au no-kill progressivement alors que de jeunes pêcheurs matraquent tout ce qui sort de l’eau à peine maillé.

 

INDICATEUR 2 : le quota des prises

Le quota des prises est à revoir sur certains plans d’eau. C’est une triste réalité mais une réalité indiscutable. Pourquoi ne pas adopter une législation nationale qui harmoniserait cette donnée ? Au contraire une individualisation des quotas selon les régions, encore plus poussée qu'elle ne l'est aujourd'hui, serait-elle plus cohérente en fonction des climats locaux, des populations existantes et de la capacité des poissons à se reproduire sur les sites concernés?

 

INDICATEUR 3 : les mailles des poissons

Est-il choquant de passer la maille du sandre à 50 cm et celle du brochet à 60 cm sur l’ensemble du territoire national ? Pour ma part, j’applaudis des deux mains si cette mesure voit le jour.

 

INDICATEUR 4 : les dates d’ouverture 

Une ouverture du carnassier au 15 juin n’est-elle pas envisageable et souhaitable partout en France ? Une telle mesure verrait la période de reproduction des sandres totalement achevée, notamment dans les départements aux hivers rigoureux comme le Jura où la température de l’eau nécessaire à déclencher la fraie, tarde à atteindre les 12°C à 14°C. Certaines années la reproduction n’est pas terminée début juin sur Vouglans.

 

INDICATEUR 5 : les réserves temporaires.

Ces actions d’envergure ne sont pas nouvelles et portent déjà leurs fruits dans le centre de la France par exemple. Stéphane et Olivier pourront en attester.

 

INDICATEUR 6 : les frayères artificielles et autres aménagements.

Chaque AAPPMA devrait pouvoir disposer de moyens humains et matériels, pour entreprendre de tels chantiers et aller au bout de ses convictions.

 

INDICATEUR 7 : les parcours « no-kill ».

Si leur nombre est en augmentation, les choses sont encore et toujours perfectibles. Chacun peut amener sa pierre à l’édifice sur leur gestion, leur localisation ainsi que sur les stratégies de leur développement.

 

 

En définitive entre l’école de la viande et celle du catch and release, la frontière est-elle définitivement infranchissable en termes de compréhension et de respect mutuel?

Doit-on opposer systématiquement la pêche en no kill et le prélèvement raisonné?

Les premiers à prôner le no-kill radical ne sont-ils pas parfois les moins cohérents en actes lorsqu’ils assouvissent leur passion ?

Le no-kill sert-il à se donner bonne conscience ou a-t-il un impact réel sur les populations de carnassiers ?

Les captures sur les parcours no-kill sont-elles plus nombreuses qu'ailleurs où les poissons sont-ils suffisamment éduqués pour leurrer les pêcheurs?

No-kill = survie systématique du poisson relâché ou mort de celui-ci au fond de l'eau ?

Le no-kill : simple effet de mode, ou conception philosophique ?

Le monde de la compétition échappe t-il à la règle : les valeurs affichées sur les manches des concours sont-elles celles que les compétiteurs appliquent tout le reste de l’année ?

Quel est la proportion de pêcheurs vraiment en phase avec leurs convictions sur la question ?

 

Je n’ai pas la science infuse et beaucoup de ces questions pourraient peut-être un jour, que j’espère proche, appeler des échanges d’idées et … d’actes. Les vôtres seront les bienvenus, ainsi que votre point de vue sur un ou plusieurs points évoqués.

Pour terminer, j’ai trouvé cette célèbre citation très riche et on ne peut plus vraie : "le poisson que vous remettez à l'eau est un cadeau que vous faites à un autre pêcheur, tout comme il s'agit peut-être d'un cadeau qu'un autre pêcheur vous a fait"(Lee Wulff "A Handbook of Fresh Water Fishing", 1939).

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Jean-Louis 22/03/2013 13:01

Merci pour ces avis Papytranquilou. Je suis en accord avec vous sur le pillage que certains effectuent sans penser à l'avenir.

papytranquilou 22/03/2013 12:47

Il en est de même de passer un parcours en no-kill en parcours normal à mon avis : carnage assuré derrière. On devrait passait de no-kill en réserve et dans la foulée de réserve en no-kill après
avoir pris le soin de faire des pêches électriques pour relâcher l''excédent de géniteurs dans des secteurs sous peuplés. En fait , c'est le problème des secteurs non pêchés pendant un an ou plus;
ou des parcours no-kill de grande envergure comme la Bienne qui si elle ouvre en 2014 en parcours normal va être pillée et je pèse mes mots. C'est aussi ce qui s'est passé en 2012 sur la rivière
d'Ain sur le secteur amont où les sacs plastiques étaient bien pleins à l'ouverture. Ce que dit Ludo71 est intéressant même si le comportement alimentaire de la truite est différent de celui de la
carpe. enfin Jean-Louis, je suis d'accord avec vous sur presque toute la ligne sauf que les sociétés ne vont pas exclure leurs adhérents barconniers par peu de prerdre des cartes l'année suivante.
Et je maintiens qu'il n'y a pas assez de gardes.
Le vrai problème est à mon sens la lente évolution des mentalités pour relâcher quelques poissons de temps en temps pour quelqu'un qui gardait tout . En amont il demeure les grands chantiers :
réserves temporaires sur les frayères, pollution, quotas et mailles . Voilà mon avis

Jean-Louis 21/03/2013 12:48

Ton explication à partir de ton expérience avec les carpes est intéressante.
Sur le long terme, un parcours no-kill ne doit-il pas être pêché ? ( déséquilibre entre le nombre d'adultes et de juvéniles ?Certains poissons abîmés ? Des poissons devenus méfiants au fil des
années ?). Je n'ai pas de" réponse, il y a eu certainement des précédents. Faut-il le pêcher qu'à une ou deux dates précises lorsqu'on pense qu'on trouve nécessaire une régulation ?
Pour en revenir au sandre, pour une ouverture jusqu'en mars ( en Saône et Loire par exemple où la fraie est plus tard), je pense que le prendre en mars et le remettre à l'eau ne change rien par
rapport à janvier, (où on trouve d'ailleurs déjà les oeufs), à moins qu'une étude prouve qu'il est plus fragile.
Bien sûr, il peut y avoir des problèmes de garderie si on instaure un no-kill obligatoire pendant un mois mais c'est aussi aux pêcheurs de signaler les abus et aux sociétés de pêche d'exclure des
personnes qui se rendent coupables de garder leurs prises. Les premières années peuvent être difficiles mais si on raisonne sur un plus long terme, c'est peut être intéressant : éduquer à ne pas
toujours garder. Bien entendu tous les problèmes ne seront pas résolus...

ludo71 20/03/2013 17:05

Je ne sais pas si les truites fonctionnent comme ça. Mais d'abord, je suis moyennement pour passer d'une réserve à un parcours classique. Comme je l'ai dit plus haut, une réserve doit d'abord être
convertie en zone no-kill puis en zone classique, sinon gare au carnage...
Je ne sais pas si les "truites s'éduquent". Enfin c'est sûr qu'elles aprennent, mais en même temps, vu qu'on les relâche, et bien les truites "faciles" seront encore dans l'eau, et donc prêtes à
être reprises... Je veux dire par là que tous les poissons n'ont pas le même tempérament, le même comportement, et là c'est mon expérience de pêcheur de carpes de rivière qui parle (donc
probablement transposable aux truites). En effet, sur un même secteur, il y certains poissons qu'on prenait et reprenait, parfois jusqu'à 5 fois en trois WE du même mois ! Et c'était indépendamment
de leur taille... Certaines, petites (quelques kilos) ou grosses (plus de 15kg voir plus de 20kg) se sont faites prendre à de nombreuses reprises, parfois dans des laps de temps très courts. A
contrario, cela nous est arrivé d'amorcer et de pêcher des secteurs pendant plusieurs mois, de prendre et reprendre certains poissons, alors que certains ne se sont fait berner qu'après plusieurs
mois d'amorçage pendant une frénésie alimentaire... et que l'on a jamais revu depuis...Je pense donc que sur un même secteur, il y a des poissons faciles, et des moins coopératifs... Sur un
parcours no-kill, les poissons "faciles" restent, alors que sur une zone classique, ils sont systématiquement condamnés. Je ne pense donc pas que le fait de laisser un parcours no-kill subsister
plusieurs années soit forcément néfaste pour le nombre de prises...

papytranquilou 20/03/2013 13:17

Je suis d'accord avec vous JL sur le fait que les parcours no kill doivent tourner, comme les réserves d'ailleurs. Sauf si ils font 10 km de long ou plus. Poissons plus faciles à prendre, pas
certains. Au bout d'un moment je dirais même qu'il s s"éduquent et qu'ils deviennent plus durs à prendre.
En ce qui concerne l'ouverture du sandre jusqu(au 13 mars, je suis contre, professionnels ou amateurs. Parce que toutes les prises ne seront pas relâchées ce qui implique une répression forte. Et
les gardes pêches ne sont pas légion. Donc j'ai peur du braconnage même si l'idée paraît bonne car c'est une période où à priori le sandre n'est pas en reproduction . je suis contre enfin parce que
sur la période évoquée les femmelles sandre portent déjà leurs oeufs pour les pondre en Avril ou Mai ( même juin parfois).

Jean-Louis 18/03/2013 12:15

Je suis contre le no-kill partout mais pour certains secteurs seulement pour aider le développement de la pêche grâce à des parcours avec une pêche plus facile. C'est pourquoi je pense qu'il faut
faire tourner les secteurs pour éviter une méfiance accrue des poissons et d'avoir certains sujets trop abîmés par les prises répétées. Quand c'est possible (certaines rivières à truites) ,
déplacer les plus jeunes poissons du secteur no-kill ( pêche électrique) vers le secteur qui remplacera le secteur précédent.
En Saône et Loire, les pêcheurs amateurs aux engins et les pro ont eu le droit de pêcher le sandre jusqu'au 13 mars cette année, comme tous les ans, mais pas nous. Pourquoi cette différence ?
Peut-on envisager de nous laisser pêcher le sandre jusqu'à la même date mais en no-kill à partir de la fermeture du broc. Donc instaurer le no-kill partout en France pendant un moi et demi. Comme
ça on pêche et ça peut encourager la graciation. Et là , la loi est simple : tu pêches mais tu remets ( pas besoin de mètre pour la taille légale !). Qu'en pensez- vous ?

Arno39 18/03/2013 09:58

Merci à tous pour vos contributions à la vie de ce blog. Un article très bientôt, qui peut donner envie d'aller à la pêche. On en dit pas plus.

sylvain l'esoxiste 17/03/2013 17:28

Les lacs du Morvan ont mis en place depuis deux ans ces reserves sur les frayères, ça marche pas mal mais ça demande des volontaires motivés pour aller baliser.
L'augmentation des mailles carnassiers est un dossier sur lequel travaille la FNPF, ça devrait aboutir dans quelques années, patience.

martin leheron 15/03/2013 18:19

Bonjour , epineux sujet une fois de plus .Arno , tu m'as devancé ,je voulais bientôt lancer un sondage à ce sujet sur mon blog.
Pour ma part , je pratique le no-kill mais pas à cent pour cent .Je garde quelques truites ,quelques sandres (quand je reussi à en prendre) une ou deux perches dans l'année et presque pas de
brochets.Je ne pense pas que ce soit LA solution mais doit faire partie d'un ensemble de solutions.Protection des frayeres ,augmentation des mailles et no-kill imposé par des quotas me paraissent
une bonne voie.
Pour ce qui est de l'augmentation de la maille ,je pense qu'il est important de faire comprendre aux pecheurs que plus la maille est elevée plus on a de chance de capturer des poissons de plus
belle taille (ben oui ,si on relache un poisson de 55 cm ,la prochaine fois qu'on le reprendra il aura eu le temps de grossir et fera peut être 60...).En general les pecheurs pensent à l'envers :
"la taille du bec à 60 ?Tu parle , j'ai deja du mal à prendre des becs au dessus de 50 ! "
Pour revenir au no-kill ,celui-ci ne doit pas être le pretexte à des comportements douteux comme j'ai deja pu le constater .Je vois souvent avant l'ouverture du carnassier de jeunes "no-killers"
pecher le bass sur le canal de Bourgogne aux leurres qui m'expliquent qu'ils se le permettent car il relachent tous leur poissons.Est-ce une raison suffisante pour enfreindre la loi ?(sans parler
de la mode du gangsta-fishing ou on s'autorise à pêcher les reserves , les lieus interdits...)
D'autres oublient aussi que no-kill doit rimer avec respect du poisson,combien de fois ai-je vu des pecheurs "jetter" leur poisson à l'eau sous pretexte que c'etait petit!!! : " fait suer , j'ai vu
un gros broc chasser ,j'ai jetté mon leurre et regarde cette m....e de 35 qui a mordu !"
Voila , surement encore plein de choses à dire sur ce vaste sujet ,mais je laisse un peu la parole aux autres .A+

papytranquilou 15/03/2013 13:03

vraiment un très très bon article pour pas dire excellent. Il faudrait un temps fou pour reprendre ce qui est évoqué et je n'ai pas forcément toutes les billes en plus car c'est pointu. Je vais
donc donner mon avis sur quelques points.Déjà je pense que le tout no kill n'est pas une solution car il ne règle pas les problèmes majeurs de gestion de la pêche au niveau national (mailles,
quotas et autres). L'idée des résreves temporaires est pour moi la meilleure. Pour les parcours no-kill les poissons sont matraqués par endroit et s'éduquent. Du coup on en prend pas forcément plus
qu'ailleurs. Enfin ce n'est que mon avis. Et comme les réserves je pense qu'il faut que ça tourne tous les 3 ou 4ans. Sinon les gros sujets ( par exemple les truites ) nettoient les trous des
rivères et du coup capturer une grosse mèmère et la garder en sauvera 10 petites. Donc je suis nuancé comme vous le voyez sur la question; Après je pêche aussi Vouglans au printemps et c'est pas
faux ce qui est dit dans le commentaire 2 : avant l'ouverture on voit pas mal de no-killers pour reprendre vos termes qui pillonnent les sandres sur les frayères y compris des compétiteurs.Même si
je trouve que ça se calme depuis 1 ou 2 ans. Après c'est toujours pareil je parle pas de la compétition que je ne connais pas mais on parle des viandards . Est-ce qu'il faut faire une différence
entre un type suréquipé qui pêche super bien au leurre et qui va prendre 20 sandres dans la journée avant la date et un ancien qui va en prendre 10 dansla saison ? Le premier va tout relâcher mais
combien vont vivre? En plus du fait que le nid ne sera plus défendu. Mais si je vois ça c'est que j'y suis aussi de temps en temps pour les perches je l'avoue . Donc je ne vais pas faire la morale
à ceux qui pêchent le sandre à ce moment de pré-ouverture même si je ne me permettrai jamais d'aller les castagner sur les frayères.C'est stupide et lamentable . Toujours est-il qu'une nouvelle
fois ce qui revient quand on parle du no kill c'est beaucoup le sandre. De par son goût ils déchaînent les passions et les appétits ... même si comme vous le soulignez on ne pêche plus pour se
nourrir à notre époque. Désolé si mon commentaire part un peu dans tous les sens mais il y a beaucoup de choses à dire sur le thème. On parle de no kill mais est-ce que les poissons qu'on relâche ,
moi le premier repartent en état ou crèvent au fond dans les heures qui suivent. Est-ce que garder un brochet même pas maillé qui saigne et qui va périr est stupide ? ok on a pas le doirt mais je
pose la question. Alors oui le no kill à 99,9% je le fais aussi c'est pas la solution miracle .Et les viandards ne sont pas les seuls responsables des baisses de certains carnassiers. Ce serait
trop facile et si simple. Enfin pour l'ouverture au 15 juin oui pour les endroits où la reproduction est tardive, non sur les zones plus chaudes car les poissons ont déjà frayé. Merci encore pour
cette question abordée en tout cas.C'est intéressant ++

oliv39 "Baresiateamjura" 14/03/2013 18:54

Je ne vais pas paraphraser ni reprendre les points les uns après les autres pas plus que réécrire ce que je martèle chaque fois que l'on évoque ce sujet. Je vais seulement donner ma priorité : la
base pour sauvegarder les populations piscicoles est la mise en place de réserves temporaires sur les zones de frayères. Voilou Sinon super article !

ludo71 14/03/2013 13:39

Cet article est excellent. Il m'évoque plusieurs choses.

Tout d'abord, il faut que les pêcheurs adeptes du congelo se fassent à l'idée qu'à notre époque, on ne peut plus envisager de pêcher pour manger. Cette époque est révolue, les populations
piscicoles ne le permettent plus. Mais de la même manière les "no-killeurs" intégristes habillés de toutes les couleurs avec des sapins de Noël dans leurs boites (ceux-là m'énervent
particulièrement) devraient se rappeler d'où ils viennent, on a tous gardé et mangé du poisson.
Mais surtout, nous devrions tous réfléchir à notre pêche de manière beaucoup plus globale.
Il est absolument insensé d'avoir le droit de garder un poisson qui ne s'est pas encore reproduit, l'augmentation de la taille de capture est donc une bonne chose, ainsi que les quotas journaliers
(qui à mon avis devraient être couplés avec des quotas à l'année pour être réellement pertients).

Réfléchissons de manière globale. Qui est-ce qui est le plus a blâmer: le papy qui garde 3/4 sandres de 38cm dans la rivière en bas de chez lui, où celui qui relache 100% de ses poissons toute
l'année mais qui pêche sur les frayères à Vouglans en Avril/Mai ? A mon avis le 2ème fera beaucoup plus de dégâts, c'est juste que cela se voit moins.

De la même manière, celui qui relache 100% de ses poissons, mais qui pour assouvir sa passion va acheter des tonnes de matériel, leurres, plombs, et parcourir des milliers de km (et donc va
produire des tonnes d'emballages, balancer des centaines de kg de plomb et de plastique au fond de l'eau et rejetter des tonnes de CO2) est-il réellement plus respectueux de l'environnement que le
papy qui va pêcher au vif en bas de chez lui et tout garder? Il est certain que l'impact global du premier est nettement supérieur.
Il est donc important de replacer nos comportements et nos pratiques dans un contexte plus global que celui très restreint de la pêche de loisir.

Et il ne faut pas comparer un pêcheur qui va garder 10 sandres sur 40 pris (hors frayères) de 50/60cm à Vouglans et un autre qui va par exemple garder 10 brochets sur 10 pris en Seille. Vouglans
peut assumer un prélèvement de sandres, mais la Seille, faut pas être trop méchants avec les brochets...

En ce qui concerne les dates d'ouverture, je suis pas trop pour les repousser (ça nous prive effectivement d'une période de pêche fructueuse), par contre je suis 100% pour la mise en place de
réserves temporaires sur les frayères ! Comme ça on peut pêcher sans faire bobo à papa et maman sandre !

En ce qui concerne les parcours no-kill je suis 100% pour, surtout pour les espèces cantonnées à des secteurs bien spécifiques. Je pense notamment à la truite et au black-bass. Pour la truite,
personnellement j'enléverai plusieurs réserves et je les mettrai en no-kill (ça augmente les possibilités de pêche), puis je mettrai 50% des parcours en no-kill avec obligation de mettre en no-kill
une portion qui était réserve les années d'avant. Parce-que pour moi faire une réserve pour tout décimer 3/4 ans après, c'est insensé!


Woala ce que j'en pense...