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Baresiateamjura

Vertical ... feeling : la verticale pour tous.

6 Février 2013, 20:32pm

Publié par Arno39

Je ne peux commencer ces phrases sans avoir une pensée émue, pour Bruno.

 

Cet article est une synthèse de plusieurs recherches, d’une expérience personnelle et collective, ainsi que d’avis de spécialistes de cette pêche.Ce n'est en aucun cas une recette de cuisine mais un simple support accessible au plus grand nombre.


Originaire des Pays-Bas , la verticale n’est pas toujours une pêche à l’aplomb du bateau en raison du vent, du courant et des changements de direction de l’embarcation.

Est-ce donc dans certains cas considéré comme de la pêche à la traîne ? Je vous laisse le soin de répondre à ce vieux débat. Quoi qu’il en soit cette technique est d’une redoutable efficacité, notamment quand la température de l’eau commence à chuter.
En verticale, c'est la conduite du bateau qui reste le paramètre le plus dur à maîtriser et l’animation du leurre n’arrive qu’en second lieu .

Animation minimaliste la plupart du temps pour cette technique. L’un des secrets semble là : à la verticale il vaut mieux animer moins que trop. Le leurre est dirigé au ras du fond, bout du scion au ras de l’eau.

La concentration est également un facteur influençant directement le succès de la session car le leurre est tout simplement soutenu, puis légèrement posé et lentement relevé. Parfois le fait de le maintenir décollé de quelques centimètres du fond suffit à provoquer la touche lorsque les poissons sont apathiques . D’autres verticaliers optent pour un petit jigging qui a fait aussi ses preuves, même par eau froide. Vous n’avez qu’à demander à Nico et Eric qui maîtrisent parfaitement cette dernière animation. En clair, cette pêche ne s’adresse pas qu’aux seuls poissons au repos. Des poissons actifs se laisseront charmer par cette méthode même si, elle  est donc particulièrement destinée aux périodes « off ».

La verticale n’est pas la technique exclusive de la pêche au sandre car elle est tout aussi efficace sur la perche ou le brochet même à faible profondeur …

J'ajoute qu’un autre atout est de pouvoir rester figé les yeux sur l’échosondeur, prêt à anticiper la touche et là, c’est le pied. Les bons verticaliers ne quittent jamais des yeux l’échosondeur ainsi que le scion de la canne, très tactile pour cette dernière, d’une action fast voire extra-fast… Je préfère ces actions de pointe aux actions plus paraboliques pour favoriser l’impact à la touche et diminuer le temps de réaction sur des touches parfois très discrètes.

Un passe-partout serait d’utiliser une canne 14-21g mais ce n’est qu’un ordre d’idées. On peut monter sur des cannes plus puissantes selon les conditions du jour.

La longueur de la poignée ne devra pas être trop longue pour ne pas gêner le ferrage et l’idée est de ne pas utiliser que le poignet pour ferrer mais de monter le bras vers le haut plus ou moins à l’horizontale pour assurer une meilleure efficacité de l’entrée de l’hameçon dans la gueule du poisson.L'angle formé sera ainsi plus favorable et évitera pas mal de décrochés... Enfin, si vous pouvez, opter pour une qualité  "tactile" du blank, rendant pour le coup la canne assez légère et confortable pendant les longues heures de patience qu’il vous faudra.

Concernant le moulinet, certains pêcheurs en verticale ne jurent que par les moulinets casting et leur aspect «  confort » pour garder facilement le contact avec le fond (lâchers de bannière fréquents )… Je préfère pour cette technique le spinning léger à tambour fixe, et frein AVANT pour éviter de gêner la prise  « porte-plume » et qui m’évite les à-coup d’un frein casting mal réglé… Cette pêche demande vous l’aurez compris, une excellente maîtrise du frein, d’autant plus avec des diamètres de tresse < 10/100 et des profondeurs parfois conséquentes. Le ratio n’a que peu d’importance pour le coup puisqu’il ne s’agit pas d’une pêche linéaire en lancer-ramener.

Côté ligne, tresse indispensable, 6 à 12/100 en général.  Indispensable car elle permettra un contact direct avec le montage, une perception maximum de la touche et un ferrage optimal. Perso, je suis sur de la power pro red, 10/100.

 

En ce qui concerne maintenant l’approche du poste, on pourra opter pour le backtroller ( l'inverse du frontroller , mieux approprié par grand vent ou fort courant) qui consiste à déplacer le bateau en marche arrière, face au vent généralement ou dans le sens opposé du courant.
Cette action pêche permet d’approcher un poste très lentement et avec précision. Un de ses plus grands avantages est le fait qu’elle permet de rester quasiment en permanence sur le poste, en alliant la vitesse du moteur opposé à la force du vent.
 

La prospection des postes peut être réalisée suivant deux méthodes : 

·         la première consiste à couper perpendiculairement la cassure ou le tombant, afin de prospecter les différentes couches d’eau. 

·         la deuxième consiste à suivre parallèlement la cassure, une fois la profondeur des touches connue. 

 

 

La dérive du bateau ne doit pas dépasser 1km//h pour garder le contrôle et le ressenti sur le leurre. La vitesse de déplacement du bateau n’est pas celle du leurre . Là encore, les caractéristiques du leurre ( sa densité, son poids, sa forme etc…. ) sont à prendre en compte pour la vitesse de dérive du bateau. Le rapport «  vitesse de déplacement du bateau/ vitesse de déplacement du leurre , conditionnera la réussite de vos sorties en fonction de ce que veulent … les poissons . On ne peut donc que conseiller lors d’une journée de pêche à la verticale, de pratiquer chaque poste en appliquant une action différente par passage sur celui-ci, jusqu'à l'apparition du bon pattern. 

La différence de rendement du poste peut varier du tout au tout …

L’animation doit donc être en phase avec le type de leurre afin que celui-ci évolue de manière adéquate et procure la vibration recherchée.
Il faudra tantôt décoller votre leurre ( et même  avec un léger jigging si besoin  pour lui donner un effet planant à la descente, tantôt uniquement le faire évoluer à moins de 5 cm du fond, sur des animations plus minimalistes).
Il semble donc important de bien connaître les leurres utilisés pour y joindre une plombée ( plomb sabot ) adaptée. La profondeur n’est donc pas le seul paramètre à mettre en relation avec le grammage utilisé.

Enfin l’hameçon chance reste à mes yeux …  obligatoire . La taille de cet hameçon triple doit être proportionnelle à la taille du leurre, et varie entre le n° 8 et le n°2 pour une fourchette possible. Côté dorsal ou ventral à vous de tester. Parfois le nombre de monture perdues détermine le positionnement du triple en haut ou en bas du leurre... En revanche, il est important de le reculer au maximum sur l'arrière, juste avant qu'il ne soit bridé.

Une fois que la fréquence et le timing de l’animation la plus efficace sont décelés, il y a grande chance que les touches se succèdent à vitesse grand V.

L’avis des spécialistes

Carnavenir : Un conseil sur les têtes plombées (modèle, grammage, etc) ?

 

Jackie FARRONA : Sans hésitation, le plomb sabot ! Il permet de présenter votre montage horizontalement et parallèle au fond. Contrairement, à ce que l’on pourrait croire, le shad ne reste pas avec la caudale en haut. Lors du contact avec le fond, il se positionne horizontalement et ne tombe jamais sur le côté gauche ni sur le côté droit. Exemple : si l’on passe une petite tige rigide dans l’anneau de tête du plomb sabot, on s’aperçoit qu’il bascule et prend sa position finale ; c’est ce qu’on appelle l’équilibre horizontal. Pour le grammage, c’est très simple, je m’explique : en règle générale, je pêche en eaux closes avec des plombs sabots de 14 gr jusqu’environ 14 mètres. Pour un débutant, il suffit de diviser la plombée par deux, ce qui donne la hauteur d’eau maximum pour bien pêcher.
Exemple : 14 gr : 2 = 7 m
18 gr : 2 = 9 m
21 gr : 2 = 10.5 m
28 gr : 2 = 14 m
Bien évidemment, il faut savoir tenir compte du courant, du vent, etc… et s’adapter en fonction de tous ces critères.

 

 

Jacques ROSEN : La forme ( sabot, rond, oblong, etc.) m’importe peu, de même que la couleur… En revanche le poids est capital. 18 g convient dans bien des situations. On peut se référer à la règle suivante : multiplier par 2 la profondeur pêchée. Par exemple 7 m = 14 g.

 

 

Michel TARRAGNAT : Plomb sabot « maison » avec hameçon VMC Barbarian 3/0, et triple VMC 9240 n° 6 ou 4. le grammage dépend de la profondeur donc de la saison : 21 et 28 g en hiver (15-20 m), 14 ou 21 g, parfois 10 g au printemps. Selon moi il n’y a pas d’intérêt à pêcher léger en verticale, ou plus exactement la pêche légère peut être très efficace mais ce n’est plus de la verticale.

 

Pour conclure : la précision de la dérive est pour certains spécialistes l’élément de réussite essentiel pour la verticale. Selon Dietmar Isaiasch, elle doit consister en « des déplacements lents, réguliers et maîtrisés » et il précise même : « j’insiste sur la navigation car à n’en point douter, la question de l’embarcation et de sa propulsion, de sa maîtrise surtout par le pêcheur, est la donnée la plus décisive dans la pêche à la verticale, bien plus que le leurre et même que son animation ».

La présentation du leurre se fera toujours à proximité du fond, avec des animations généralement lentes et de faibles amplitudes. Celles-ci pourront varier suivant les saisons et les conditions du moment, n’excluant pas des saccades rapides et marquées face à des poissons très actifs.Dans chacun de ces cas, il faut réagir immédiatement par un ferrage rapide et puissant, car le carnassier surtout le sandre qui recrache très vite le leurre une fois le piège repéré.

 

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petitjean gilles 07/02/2013 08:11

merci pour cet article très complet.pour la taille des leurres suivant la saison,il y a t il une règle de base a respecter ? moi j ai tendance a mettre 4 ou 5 pouces toute l année a+

Arno39 07/02/2013 10:03



Bonjour Gilles.


Avec plaisir pour les articles. Merci à vous de nous livrer vos réactions. Je n'ai pas la science infuse mais je dirais que plus la saison avance plus la taille des leurres augmente. A partir de
mi novembre, j'ai fait des grosses pêches sur du 6" avant de monter sur du 7 et du 8... Un sandre de 40 cm n'est pas effrayé par du 7" en fin de saison. En Mai, les sandres mordaient beaucoup
plus sur du 2 et 3 " . A bientôt